Jean-François Lisée

 

L’auteur est chroniqueur. Il a dirigé le PQ de 2016 à 2018. Il publie ce printemps «Lévesque/Trudeau. Leur jeunesse, notre histoire» (La boîte à Lisée). jflisee@ledevoir.com 

Le Devoir 2 avril 

Il semble y avoir foule dans le placard du nouveau premier ministre. L’électorat lui a donné, depuis son arrivée, le bon Dieu sans confession. D’autant que, dès sa prise du pouvoir, il a déroulé une série de décisions et d’actions qui témoignaient d’une réelle prise de contrôle de la situation. Mise à zéro de la taxe carbone, rencontres positives avec Doug Ford et François Legault (un peu moins avec l’Albertaine Danielle Smith), visites éclair à Paris, à Londres et à Iqaluit. 

Notez : il a insisté pour s’arrêter d’abord à Notre-Dame de Paris. C’était pour admirer sa rénovation, a-t-il dit. Mais il en a profité pour allumer un lampion. Qu’a-t-il bien pu demander, par cette offrande, au Très Haut ? Qu’on ne fouille pas trop dans son passé d’investisseur, peut-être ? 

Les informations qui nous parviennent depuis le début de la campagne sur la méga-entreprise dont il présidait le conseil d’administration, Brookfield Asset Management, nous mettent en appétit. Brookfield gère un portefeuille d’environ mille milliards de dollars. 

Le dossier publié samedi dans Le Journal de Montréal nous apprend que l’entreprise a versé, d’avance, 99 ans de loyer pour occuper un immeuble de New York appartenant au gendre de Donald Trump, Jared Kushner. Un locataire qui vous paie un siècle d’avance, ça ne court pas les rues. Il s’agissait de dépanner le pauvre Jared, en manque de liquidités, en lui filant un chèque de 1,1 milliard de dollars américains. La date est importante : 2018. Donald Trump était président. Kushner était son conseiller spécial, notamment pour le Moyen-Orient. Brookfield est donc venu au secours d’un homme du président. 

Carney n’est arrivé à la présidence du CA de Brookfield qu’en octobre 2020, mais à temps pour se rendre compte que des sénateurs démocrates étaient très intéressés aux détails de la transaction avec Jared. D’autant que le milliard de dollars salvateur avait transité par le Qatar. Selon le Journal, Brookfield a simplement refusé de répondre aux choquantes questions du Sénat américain. Reste qu’on aimerait bien savoir ce que M. Carney pense de cette opération financière et s’il a participé au refus de répondre aux questions des élus à ce sujet. 

Est-ce la raison pour laquelle, après avoir eu une conversation « constructive » avec lui la semaine dernière, Donald Trump l’a appelé « Mark » en public ? Parce que c’était un ami de la famille ? Si cela peut être mis au service des intérêts du pays et nous éviter une guerre commerciale, ce sera un milliard de dollars bien placés. Sinon, non. 

On sait qu’il a personnellement présidé à la constitution de deux fonds d’investissement aux Bermudes. Ces filiales pouvaient ainsi payer zéro impôt sur leurs profits, plutôt que le vilain taux canadien net de 15 %. Carney nous a expliqué que c’était pour le bien des retraités, car certains fonds (comme la Caisse de dépôt et placement du Québec) confient des sommes en gestion à Brookfield. L’argument serait meilleur si sa compagnie avait déplacé la totalité de ses fonds aux Bermudes. Pourquoi ne pas faire aussi profiter les autres fonds de retraite de l’évitement fiscal ? 

Ce n’était peut-être pas nécessaire. Car, comme l’a démontré la fiscaliste Brigitte Alepin, ces trois dernières années, la maison mère canadienne de Brookfield a affiché un revenu net cumulé d’un milliard de dollars, et a payé en impôts canadiens une somme rondelette : zéro dollar. « Mark Carney, président du CA jusqu’au 16 janvier 2025, pourrait-il nous rassurer sur la façon dont Brookfield Asset Management (ou autre) a contribué à la fiscalité canadienne et mondiale ? » demande-t-elle. 

Autrement dit, le président du CA Carney a-t-il fait en sorte que sa compagnie soit un « bon citoyen corporatif » ? Et sinon, pourquoi ? 

Le premier ministre a laissé entendre que, puisqu’il connaît bien « comment le monde fonctionne », il allait pouvoir s’attaquer à la question de l’évasion fiscale dans son mandat. On a très hâte. Car le Parti libéral et le Parti conservateur ont agi en tandem ces dernières décennies pour faire du Canada un des champions mondiaux de la légalisation de l’évasion fiscale. Comment Mark Carney va-t-il faire tomber le Canada de ce piédestal sans mécontenter les généreux donateurs à sa campagne au leadership (4 millions de dollars en quelques semaines, impressionnant) ? 

Parlant de millions, combien en possède le nouveau leader du Canada ? Depuis quelques cycles électoraux, les chefs de parti au Québec acceptent de répondre à cette question posée par les journalistes de Cogeco. Ce n’est pas le cas au fédéral, pour une raison inexplicable. 

Interrogé à plusieurs reprises, Mark Carney se replie sur l’absence d’obligation légale à cet effet. Oui, mais ce qui n’est pas obligatoire n’est pas interdit. On sait qu’il est parti de Brookfield avec des options d’achat d’actions d’une valeur de 6,8 millions de dollars. Donc, en plus de ce qu’il a accumulé précédemment chez Goldman Sachs et Brookfield. Alors, en est-il à 10, 15, 20 millions ? Et en quoi la divulgation de cette information lui serait-elle nuisible ? 

Ah, mais voilà. Ce n’est peut-être pas ce que vous pensez. Il n’a peut-être pas honte d’être très riche. Il a peut-être honte de n’être pas assez riche. Oui, car lorsqu’on se présente comme un as de la finance, si les millions accumulés ne sont pas suffisants pour démontrer qu’il a bien géré sa fortune personnelle, fait de bons placements, évité les écueils de Nortel, Enron ou Northvolt, on peut lui reprocher son manque de flair économique. Alors, cachez ces maigres millions que l’on ne saurait voir… 

 

  • Cyril Dionne - Abonné 2 avril 2025 00 h 54 

Un mondialiste postnational qui préfère parler de sauver le pays plutôt que de confronter ceux qui l’asservissent, lui inclus 

Les Canadiens et Québécois sont pris dans une frénésie collective, réagissant comme des poules sans tête face à l’ogre orange du Sud, Donald Trump. Ce dernier, amusé, observe son emprise sur leurs pensées, alors qu’ils se crispent sur chaque mot qu’il prononce, aussi vide de sens soit-il. Et puis, il y a Mark Carney, qu’on nous présente comme le sauveur du Canada. Mais qui se cache vraiment derrière ce titre? Ce n’est pas un homme prêt à confronter Trump ou à opérer un réel changement. Ce n’est pas en abolissant la taxe carbone qu’il rompra avec l’ordre mondial élitiste auquel il appartient. Carney, tel un mystère de la Caramilk, reste une énigme politique, un prétendant sans substance concrète.

Mais parlons de Carney, l’homme de Davos, de Brookfield Asset Management et des paradis fiscaux. Oui, il semble avoir beaucoup de squelettes dans le placard de notre sauveur adoré, qui ne parle même pas français, et ce n’est pas seulement à propos du milliard de dollars de loyer anticipé versé à Jared Kushner en 2018, via des fonds transitant par le Qatar. Mais le mondialiste incarné et postnational fait aussi partie de l’organisation Bilderberg, souvent appelée « groupe Bilderberg », une réunion annuelle privée qui rassemble des personnalités influentes du monde occidental, principalement d’Europe et d’Amérique du Nord. Bilderberg, c’est le manque de transparence et d’imputabilité, la collusion entre élites politiques et économiques, la promotion d’un agenda mondialiste, le favoritisme dans les carrières politiques avec plus que des soupçons d’influence sur les médias.

Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque du Canada et membre du groupe Bilderberg, refuse de divulguer sa fortune personnelle. Coïncidence? Pendant ce temps, Brookfield, l’entreprise où il a siégé, ne paie aucun impôt au Canada. Facile de s’enrichir quand les règles du jeu sont biaisées. Et pourtant, certains voient en lui un sauveur. Ironique, non? Le vrai sauvetage, c’est de ne pas voter pour ça. 

  • Pierre G. Blanchard - Abonné 2 avril 2025 09 h 18  

Encore du n’importe quoi nocturne alors que l’on a jamais reproché leur fortune aux millionnaires à la tête du pays comme du Québec. Bien qu’ici on reproche aux élus leur succès en affaires tout en tolérant une bureaucratie de haut-fonctionnaires anonymes et au crochet lucratif de l’État. Le plus étonnant est qu’on fasse le procès de Mark Carney et son implication dans Brookfield, alors que J.-F.L a eu comme patron Jacques Parizeau dont Mark Carney est le plus proche sosie qu’ait connu le Québec.

Tous les deux sont des gradués en économie et en finances d’Angleterre et aux accointances et profils comparables, bien que Carney soit d’origine plus modeste. Jacques est issu de la grande famille Parizeau qui a marqué le Québec tant dans le domaine de l’éducation (HEC) que de l’assurance et des marchés financiers en Amérique et en Europe.

Le groupe Sodercom Inc., de la famille Parizeau, incluant son implication dans Power Corporation et le Groupe AON, dont l’expertise en investissement international ont nul doute influencé et servi Jacques Parizeau dans sa géniale création de la CDPQ. Si les Québécois ne dédaignent pas voir leur bas de laine investir gagnant, faudrait-il maintenant leur reprocher de jouer gagnant en politique ? 

  • Nadia Alexan - Abonnée 2 avril 2025 10 h 02 

Nous sommes piégés entre deux maux. D’un côté, nous avons le choix d’un idiot, monsieur Poilièvre, qui prétend se soucier des gens ordinaires, et de l’autre, nous avons le choix d’un banquier, monsieur Carney, qui sert les intérêts des multinationales avec l’évitement fiscal! Quel beau choix! Du pareil au même.

Les riches devraient être exclus de la fonction publique.

Après deux siècles d’économie capitaliste défaillante au service du profit, nous devrions chercher une autre idéologie économique.
Tant que nous continuerons d’admirer les milliardaires, le 1 % et d’accepter leur prédation, ainsi que leur propagande de «l’économie du ruissellement», le reste d’entre nous sera condamné à se contenter de miettes qui tombent de leurs tables.

Ces élections devraient, peut-être, nous servir de signal d’alarme pour que les citoyens se soulèvent contre un système de prédation qui détruit la planète et ses habitants.

La vie n’est pas un commerce! 

  • Bernard Leiffet - Abonné 2 avril 2025 10 h 10 

Du JDM, le contre-tarif de MarkCarney s’avère une farce! Vive le Québec Libre! Misère! 

  • Cyril Dionne - Abonné 2 avril 2025 11 h 25 

Il semble que les fédéralistes, notamment les anciens fonctionnaires du « Federal Government of Canada », soient réfractaires aux faits vérifiables. Pour retracer l’histoire de Bilderberg, il suffit de consulter les grands médias canadiens. Il en va de même pour Brookfield Asset Management : des sources comme La Presse, CBC News, le Financial Post ou CTV News suffisent amplement. 

  • Pierre G. Blanchard - Abonné 2 avril 2025 13 h 25 

Bravo M. Dionne, en tant qu’ancien enseignant retraité avide de sécurité financière, votre Régime de retraite ontarien investit beaucoup aux USA et dans nombre de multinationales et a un portefeuille semblable et tout aussi performant et profitable que celui de Brookfield. Si vous découvrez que son CA comprend d’affreux anciens fonctionnaires et de fédéralistes en plus de ces ignobles orangistes que vous voyez dans votre soupe, allez-vous vous indigner et en refuser les rentes ? 😉 

  • Claude Maltais - Abonné 2 avril 2025 01 h 11 

Tout le monde a des squelettes 

En 2012, suite à des révélations du JDM, J-FL a admis toucher deux salaires de fonds publics (celui de ministre et de professeur de l’Université de Montréal ( étaler sur 13 mois…). Comme il l’a lui-même admis, cela n’était pas illégal. Au même moment, son gouvernement coupait dans les services publics. Maintenant, sous la direction de Carney, le rendement de Brookfield Assets Management (capitaux propres, valeurs de l’action, rendements des actifs sous gestion) a été exemplaire et parmi les meilleurs au monde, et dépasse largement ce que la Caisse de dépôt a réalisé pendant la même période. Maintenant s’il peut mettre son talent au service des Canadiens, personne ne se soucierait des pseudos squelettes.. 

  • Bernard Plante - Abonné 2 avril 2025 09 h 30 

Le talent d’un fraudeur fiscal pouvant devenir ami avec Trump parce qu’il fait lui aussi partie du club des bandits serait donc prometteur?

Son talent pour éviter de payer les impôts qui permettent au gouvernement de soutenir les services publics serait un gage de bonne gestion future des fonds publics?

Comment une personne qui accepte sciemment de ne pas payer son dû à la société peut-elle être apte à gérer cette même société?

Que ne croirait-on pas (ou de quel aveuglement ne serait-on pas prêt à faire preuve) pour de l’argent? Que sont devenus les principes?

Nos sociétés peuvent bien se déliter. 

  • Cyril Dionne - Abonné 2 avril 2025 09 h 47 

Cher M. Maltais,

J-FL et Mark Carney évoluent dans deux univers différents. Le premier a perçu quelques sommes d’argent de façon contestable, mais sans illégalité flagrante, tandis que le second est au cœur d’un système financier où des milliards transitent par des paradis fiscaux. Brookfield Asset Management, véritable hydre financière, permet aux multinationales d’échapper à l’impôt, privant ainsi les États de revenus essentiels pour financer les services publics. Loin d’être une simple question d’éthique, c’est une mécanique bien huilée d’évitement fiscal à grande échelle, révélant l’influence tentaculaire de la finance mondialisée sur les décisions politiques et économiques des nations.

Mais ce qu’on ne mentionne pas assez, c’est que Carney est l’un des partisans du projet des 100 millions au Canada. L’Initiative du siècle est un groupe de pression canadien qui milite pour une augmentation significative de la population du pays, avec l’objectif d’atteindre 100 millions d’habitants d’ici 2100. Fondée par des figures influentes telles que Dominic Barton, ancien directeur général de McKinsey, et Mark Wiseman, ancien cadre de BlackRock, cette organisation est soutenue par des milieux d’affaires, notamment à Toronto. Elle prône une politique d’immigration massive pour répondre aux soi-disant défis démographiques, comme le vieillissement de la population et la baisse des taux de natalité.

Encore une fois, attirer des immigrants pour pallier les défis démographiques est une erreur stratégique. Plutôt que de compter sur l’importation de main-d’œuvre bon marché, il faut investir dans l’innovation technologique et la productivité. Cette approche favorise un équilibre social et économique stable en mettant l’accent sur l’éducation, la recherche et les industries à forte valeur ajoutée.

En évitant une croissance démographique artificielle, on privilégie un développement durable et autonome fondé sur la qualité plutôt que sur la quantité. 

  • Clermont Domingue - Abonné 2 avril 2025 04 h 15 

On n’a pas tous le flair du chien. 

Qui pouvait prévoir les déboires de Nortel, Enron ou Northvolt?
Que notre Premier Ministre ne soit pas milliardaire serait une bonne nouvelle. Qu’il mette le bas de laine des retraités à l’abri de l’impôt ce n’est pas très généreux. S’il fraie avec Kushner, c’est suspect.
Qu’il refuse de répondre aux questions sur sa fortune est inquiétant.
A défaut de flair, ce Monsieur doit être transparent s’il veut être notre Premier Ministre. 

  • Yvon Montoya - Inscrit 2 avril 2025 06 h 05 

Toujours la même sorte de politiciens avec toujours le même genre d’article à scandalite. On a l’habitude, c’est pourquoi on ne s ‘y intéresse pas. Amenez-le en prison ou sur un gibet. Profitez pour y mettre une grande masse de politiciens. 

  • France Marcotte - Abonnée 2 avril 2025 08 h 18 

D’être maintenant «inscrit» mais tout aussi présent, c’est pour économiser un abonnement, M. Montoya? 

  • Caroline Biron - Inscrite 2 avril 2025 06 h 12 

Un peu de raccourcis ici 

Comme à l’habitude, JFL y va de nombreux raccourcis ici pour servir la cause souverainiste du supposé Bloc Québécois, survivant grâce à nos généreux émoluments, non pas aux discours moralisateurs de son chef. Et je suis indépendantiste en passant et pas une fan de Carney.

Sauf qu’à regarder les choix qui s’offrent à nous dans cette élection, c’est ce volet qui doit nous inquiéter : Carney le Libéral avec un passé questionnable? Certes. Poilièvre avec pas de passé du tout, autoritaire, dictateur et aucune compétence en gestion et économie? Effrayant. Et Singh qui croit que l’argent pousse dans les arbres tout en étant la seule voix de gauche à penser aux démunis sans compétence pour le pouvoir? Désolant.

Voilà le vrai débat. Notre représentant au fédéral devrait être la CAQ; mais avec son incompétence incarnée en gestion et économie jumelée à son penchant Poilièvre et à son soudain intérêt pour le pétrole qu’il disait “sale” il n’y a pas si longtemps, l’on se doit d’être très très inquiets face aux vrais enjeux de cette élection. Parce qu’élire un gouvernement minoritaire nous replongera dans un chaos semblable aux dernières années et un gouvernement majoritaire devant une inquiétude et peut-être une dérape de ses dirigeants à long terme. De quoi penser à un pèlerinage à l’Oratoire Saint-Joseph et implorer le bon Frère André de nous aider! 

  • Bernard Plante - Abonné 2 avril 2025 09 h 33 

Il nous reste à sortir du Canada et à créer notre pays.

Ne serait-ce que pour enlever une couche de corruption… 

  • Marc Pelletier - Abonné 2 avril 2025 11 h 06 

Tous les partis politiques et leurs anciens chefs ont des squelettes, petits ou gros dans le placard , tout comme nous tous n’est-ce pas ? 

  • Marc Pelletier - Abonné 2 avril 2025 11 h 11 

M .Bernard Plante : qui peut penser que le PQ a été vacciné contre les magouilles ?
Le PQ, ” plus catholique que le pape ” ? Ben voyons ! 

  • Diane Germain - Abonné 2 avril 2025 11 h 32 

J’aime mieux voir un gouvernement minoritaire qu’un qui soit majoritaire rouge ou bleu. 

  • Bernard Plante - Abonné 2 avril 2025 13 h 57 

Pelletier, pourquoi associer automatiquement mon commentaire au PQ?
Pour votre information, comme dans n’importe quel autre pays du monde, lorsque le Québec sera devenu un pays il sera géré en alternance par différents partis. Bien qu’un certain parti au Québec naviguant dans les bas fonds des sondages exactement pour cette raison soit historiquement celui qui a le plus souvent été pris la main dans le sac, aucun parti n’est à l’abri de tout soupçon.

Mais ce qui est certain toutefois est qu’en enlevant une couche, on diminue mathématiquement les possibilités de détournements de fonds publics. Surtout lorsque ladite couche enlevée est celle où les montants susceptibles d’être détournés sont de loin les plus élevés.

Moins de possibilités de montants détournés, plus de rapidité décisionnelle et la capacité d’investir dans les champs d’activités qui soutiennent notre économie nationale sans perdre un temps précieux à espérer l’utopique bénédiction du grand frère méprisant. Trois arguments économiques incontournables qui justifie de créer notre pays au plus vite.

Ne serait-ce que pour ces trois raisons, si les fédéralistes du Québec connaissaient réellement l’économie ils deviendraient indépendantistes. 

  • Michaël Jarvis - Abonné 2 avril 2025 06 h 24 

Le prix d’être trop vertueux. 

Nous avons vecu des controverses semblables par le passée avec Paul Martin et ses liens avec le Canada Steamship Lines. À l’époque, M Martin disait que l’entreprise utilisait les abri fiscaux parce que c’était la seule façon de rester competetif dans un monde oû vos concurrents ont recours au mêmes abris. Au lieu de s’attaquer à M Carney ou à Brookfield Asset Management, il est mieux de se questionner sur ce pratique d’évasion fiscale. Ce que M Trump espère créer avec ses tarriffs est un environment oû les entreprises élisent domicile aux EEUU pour faire affaire dans un environnment aux taux de taxation moindres. C’est là son idée de re-industrialiser les EEUU. Si tous le pays du G7 ou G20 ne sont pas prêts à coordonner leurs régimes d’impôts à quoi ça sert d’exiger que les grandes entreprises canadiennes jouent dans le commerce mondial avec un handicap? Si nous insistons que les entreprises canadiennes déclarent tous leurs revenus au Canada, on risque de les voir quitter le pays pour le bon. Je comprends que nous sommes en mode élections, mais il ne faut pas être plus vertueux que nos concurrents. Ça serait mieux, à mon avis, d’essayer de faire prononcer les politiciens sur l’engagement à une éventuelle négotiation au G7 pour harmoniser les taux d’imposition aux grands entreprises. 

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 2 avril 2025 07 h 18 

Le Devoir vient d’en échapper une, et heureusement, c’est seulement une chronique. 

S’il y a une chose que je n’aime pas, c’est qu’on impose sa morale à autrui; les plus intelligents ou surtout les plus puissants saliront finement alors les personnes nuisibles à leurs intérêts ou à ceux de leurs amis en multipliant les allusions nuisibles aux personnes visées, au lieu de se limiter à divulguer des jugements rendus par des tribunaux ou encore des faits constituant clairement des infractions au droit local ou international public. Je veux savoir si M. Carney (ou n’importe qui d’autre en politique comme candidat) et la compagnie qu’il présidait ont respecté le droit (canadien, québécois, américain, local au lieu de leurs affaires, et même international public) et m’attends à ce que les entreprises de presse s’y limitent et s’y attèlent dans la mesure de leurs moyens. Jusqu’à ces derniers mois, le chef actuel du parti libéral du Canada était à la tête d’une entreprise privée en forte concurrence avec les autres; il ne dirigeait ni une entreprise sans but lucratif, ni un mouvement social et ni un parti politique. Qu’on le questionne sur l’irrespect du droit et sur ce qu’il veut faire, sur le comment et le pourquoi. Pour le reste, qu’on le respecte comme personne humaine, ne serait-ce que parce qu’il s’intéresse suffisamment à son pays pour vouloir s’y faire élire: sans candidat, pas d’élections et sans élections, beaucoup moins de démocratie. Platon a passé toute sa vie à chercher un roi-philosophe et il n’en a jamais trouvé un qui lui sied. 

  • Bernard Plante - Abonné 2 avril 2025 09 h 36 

Vous passez à côté de l’essentiel: les principes.
Quels sont les principes défendus par une personne prête à détourner les impôts servant au maintien des services publics de la société qu’il prétend pouvoir diriger?
Là est la question.
Et la réponse semble plus inquiétante que rassurante. 

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 2 avril 2025 10 h 55 

Le programme de M. Carney en matière d’optimisation fiscale, c’est maintenant qu’il doit l’expliquer! Et s’il le veut, il le fera certainement avec beaucoup de brio parce qu’Il sait très bien comment ça fonctionne…Lui en voudra-t-on alors? Lui en saurons-nous bon gré? oui, s’il le fait par amour ou pour nous aider. Et de l’aide, nous en avons malheureusement beaucoup besoin. Actuellement, les stratégies d’optimisation fiscale individuelles et corporatives sont omniprésentes:. Exemples: les CÉLI et les nombreux conseillers financiers engagés notamment par des institutions financières, par exemple Desjardins, pour, nous appâter et ainsi nous vendre leurs produits financiers d’optimisation fiscale légale: “nous faire sauver de l’impôt”, un mantra! Hier, l’Église nous invitait à “sauver nos âmes” de l’enfer; aujourd’hui, des institutions financières, comptables et professionnels nous invitent à “sauver de l’impôt” pour mieux affronter “le risque de longévité”. Vivre vieux n’est plus un privilège, mais un risque de sinistre contre lequel il faut se prémunir en investissant dans des CÉLI…. 

  • Marc Pelletier - Abonné 2 avril 2025 11 h 18 

Lusignan, je suis totalement d’accord avec vous : il faut s’assurer d’avoir les mains bien propres avant d’accuser les autres de les avoir sales.

  • Bernard Plante - Abonné 2 avril 2025 14 h 02 

Toujours fascinant de voir des gens banaliser le détournement de fonds publics. Et après on se demande pourquoi nos services publics se dégradent en accéléré.

Ce n’est pas parce qu’un comportement est répandu qu’il est éthique. Et si l’éthique de nos dirigeants est un détail, on se demande où on s’en va. 

  • François Poitras - Abonné 2 avril 2025 08 h 03 

Mal de Bloc 

Selon le chroniqueur, le Canada serait « un des champions mondiaux de la légalisation de l’évasion fiscale » ? C’est faux ! L’évasion fiscale est illégale au Canada. Le véritable problème réside dans l’optimisation fiscale, soit l’exploitation de failles légales pour réduire les impôts. Le chroniqueur semble ainsi découvrir que le Canada protège une oligarchie sous couvert de néocolonialisme. Bravo !

Mais cette réalité ne découle pas d’un seul politicien, elle est le fruit d’un clivage politique structuré, entretenu par une propagande partisane qui personnalise à l’excès les enjeux socio-politiques globaux. Ainsi, la perte de vitesse électorale du Bloc entraine ses relationnistes à désigner un bouc émissaire.

Revenons aux fondements du problème. Sous prétexte de « défendre les intérêts du Québec », le Bloc masque un paradoxe : sa présence à Ottawa nuit à la crédibilité politique du Québec. En entretenant la division, il entrave le dialogue et bloque les transformations souhaitées des relations interprovinciales et fédérales.

De plus, les « intérêts du Québec » que les bloquistes prétendent protéger ne relèvent pas de leur compétence : langue, laïcité, immigration, économie et services aux citoyens sont des prérogatives – parfois partagées – du gouvernement québécois. Enfin, comment obtenir l’écoute de nos interlocuteurs quand l’objectif avoué est de rompre le dialogue ?

Ce double piège tendu aux Québécois repose sur une usurpation de responsabilités stratégiques doublée d’une incontournable nuisance à l’acteur réellement capable de faire progresser la nation.

Une imposture, soutenue avec ferveur par les zélotes trudeauistes, qui fait du Bloc l’allié objectif du néocolonialisme canadien.

Au détriment des véritables intérêts du Québec. 

  • Bernard Plante - Abonné 2 avril 2025 09 h 43  

Par chance qu’on a le Bloc pour défendre le Québec parce qu’au Québec, on ne s’est jamais enfoncé plus profondément et rapidement qu’avec la CAQ.

Parler de réformer un système qui nous méprise depuis toujours est soit une totale incompréhension de l’histoire, soit de la stupidité pure, soit une stratégie vicieuse pour s’accrocher au pouvoir… Ou un peu des trois. 

  • Marc Pelletier - Abonné 2 avril 2025 11 h 24 

J’ai beaucoup de sympathie pour la douleur que vous ressentez mais je me dois de constater qu’il est probable qu’elle soit dans votre imaginaire, alimenté par la chronique ci-dessus . 

  • François Poitras - Abonné 2 avril 2025 13 h 01 

Mathieu Bock-Côté aujourd’hui : « La peur amène les Québécois, le temps d’une élection, à mettre de côté leur identité et leurs intérêts, et à jouer candidement et naïvement la carte de Team Canada.

On y verra la remontée à la surface de la psychologie colonisée des Québécois, qui ne se croient jamais assez bons pour se gouverner eux-mêmes, et croient avoir besoin d’un protecteur extérieur.

Je ne sais plus qui a dit ces derniers jours à la télévision que les Québécois aiment le Canada, comme ils l’auraient démontré lors des deux référendums, et comme ils le démontreraient en ce moment avec Carney. Il s’agit évidemment d’une énorme sottise, s’appuyant probablement sur une inculture historique abyssale »

Quel mépris pour les Québécois ! « Peureux, candides, naïfs et colonisés » ! Un mépris devenu le marqueur du nationalisme réactionnaire qui gangrène de nombreuses démocraties.

Un mépris qui trahit l’agonie intellectuelle et stratégique de la pensée sécessionniste. Ces ruminations passéistes ne font que révéler une déconnexion flagrante de la réalité.

Car contrairement à ce qu’affirme l’histrion, l’ensemble des sondages indépendants – non commandités par les médias – indique que 4 Québécois sur 5 ne voient pas d’avantages majeurs à quitter le Canada, tout en souhaitant des réformes autonomistes.

« Abyssal » ! 

  • Bernard Plante - Abonné 2 avril 2025 14 h 06 

Poitras, la où vous voyez les Québécois comme des colonisés, je les vois comme de bons stratèges.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils vous mettront dehors aux prochaines élections. 

  • Pierre Rousseau - Abonné 2 avril 2025 08 h 04 

Des questions auxquelles nous avons certes la réponse: Le capitalisme 

On peut bien faire les vierges offensées face à ces petits secrets qui n’en sont pas mais il n’en reste pas moins que beaucoup de nos politiciens sont riches et font partie du 1% qui mène le monde. Justement, ce qu’il a fait n’est pas illégal… au Canada grâce à des gouvernements complaisants face à leurs amis milliardaires. Les fortunes de famille se trouvent même ici au Québec avec les PKP et Fitz, ce qui est tout à fait normal dans un monde néo-libéral capitaliste.

Le credo du capitalisme c’est de faire des profits à tout prix et si les paradis fiscaux existent, un « bon » gestionnaire doit en profiter. Les amis capitalistes s’entraident les uns les autres et si un pote a des difficultés, on l’épaulera à coups de 1 milliard $, surtout quand il s’agit du gendre du président des États-Unis ! Comme le disait le bon vieux Vespasien, l’argent n’a pas d’odeur. Même les oligarques de Poutine ont compris l’importance de garder à flot la famille Trump et d’avoir un président dans sa poche n’est pas négligeable.

On est donc pris avec les politiciens que nous avons, surtout que nous avons toléré une démocratie passablement bancale dans son mode de scrutin et bien tolérante pour les p’tites vites des grands capitalistes. En conséquence, nous restons avec les candidats qui veulent notre bien, euh pardon, notre vote, quitte à l’acheter avec des promesses de baisses de taxes alors que le contraire serait normalement exigé, et ces questions quoique très intéressantes en théorie ne changent rien aux options qui nous restent: un grand capitaliste ou un pitbull ami des républicains de Trump. 

  • Bernard Plante - Abonné 2 avril 2025 09 h 50 

Ce qui mène à la question de fond:

Comment se peut-il que, dans une société dite démocratique, il soit légal de détourner les profits pour éviter de payer les impôts permettant aux gouvernements d’assurer la livraison des services publics aux citoyens?

Et à la question secondaire:

Comment une personne qui accepte de détourner des fonds pour éviter de payer les impôts dus peut-elle être éligible à devenir le gestionnaire ultime de cette société? 

  • Marc Pelletier - Abonné 2 avril 2025 11 h 29 

Rousseau Bonjour !

Quel serait le type de gouvernement qui serait votre choix ?

Royaliste, communiste, totalitarisme ou autre ? 

  • Lise Bélanger - Abonnée 2 avril 2025 08 h 10 

Brookfield est un ami de Trump. Carney est un ancien dirigeant de Broofield. Carney combat la Loi 96. Son ami Trump veut bien l’aider en déclarant que la traduction française est une barrière au commerce. Ça se tient. On sait au moins un peu ce que Carney est allé chercher aux USA. Un appui anti-Québec et pourtant pourquoi s’en prendre à un Québec tellement soumis qu’il vote en majorité pour lui? Parce que le Canada British en a marre des québécois français dans son beau pays anglais. 

  • Marc Pelletier - Abonné 2 avril 2025 11 h 35 

Mme Lise Bélanger, votre syllogisme me semble trop faible pour tenir la route le temps qu’il faut . 

  • Yvon Montoya - Inscrit 2 avril 2025 08 h 23 

France Marcotte

Je ne vois pas en quoi cela vous pose une difficulté? Sachez que c’est pas cohérence avec certaine valeurs. Au plaisir de vous lire. 

  • Réal Gingras - Inscrit 2 avril 2025 08 h 55 

C’est plutôt une guerre d’usure… 

Où on pourrait aussi parler du déclin de l’empire américain.

L’usure caractérise l’intérêt d’un prêt dont le taux est considéré comme abusif. Anciennement, l’usure désignait tout intérêt indépendamment du taux. Le prêt consiste en un capital ou une marchandise vendue à crédit. Le taux à partir duquel les intérêts deviennent usuraires est défini par l’État ou bien fixé par la coutume.

Mais par la description que vous faites monsieur Lisée, ne pourrait-on pas parler d’usure à l’envers dans la mesure où les profits protégés par les paradis fiscaux permettent d’accumuler des sommes rondelettes comme le font les usuriers?…

Un déposeur qui dépose dans un paradis fiscale à un taux d’impôt de 0%.

Je ne fais que poser la question… Les tarifs ne seraient-ils pas de l’usure?

Quelques citations :

On ne s’improvise pas usurier, il faut parvenir d’abord à une méritoire insertion dans la mafia des gens bien placés pour exploiter leur prochain. (Jean-Paul Desaive, Délits sexuels et archives judiciaires (1690-1750) , Communications, 1987, volume 46, o 46, page 121)

Laissons faire les usuriers, les gens sans cœur et sans talent. Georges Bizet (1838-1875)

Une bourgeoisie usurière subsiste et, dans bien des cas, elle parvient à maintenir sa position en collaborant avec le pouvoir colonial.Études et documents berbères, 2013, Ali Sayad (Cairn.info)

Le capitalisme serait parvenu à une phase d’usurier. Revue d’Etudes et de Critique Sociale, 1999, Youcef Benabdallah (Cairn.info)

Henri Bourassa a toujours raison : « Il faut combattre les coquins “ 

  • Yvon Bureau - Abonné 2 avril 2025 09 h 19 

Va t on en faire un enjeu électoral? J’espère que OUI 

<<il allait pouvoir s’attaquer à la question de l’évasion fiscale dans son mandat.>>

Enfin, on ne parlera pas de paradis fiscaux, MAIS d’ÉVASION fiscale.

Et, j’espère+++, on en parlera +++ aux débats des chefs. 

  • Serge Prévost - Abonné 2 avril 2025 10 h 15 

Que vous avez du talent monsieur Lisée 

Quant à monsieur Carney son français est minimale, en faite parle t’il vraiment français ? (Le français de Poilievre qu’en à lui est agaçant mais acceptable). Quant à ses investissements cela n’est pas pire que Paul Martin, les Québécois semble aimer les tricheurs surtout en cravate. CNN écrivait que Mark avait triché à Oxford, pas de suivi des médias Canadien. Être un bilderberg n’est pas une maladie en soit Anglade et Sabia y ont été invité. Quant aux Québécois il faut plus d’une vie pour les comprendre. 

  • Claude André Labelle - Abonné 2 avril 2025 10 h 39 

CARNEY, LE CADEAU EMPOISONNÉ ! 

Carney-Trump : c’est s’entendre comme larrons en foire ! Peut-être que Carney est, à ce moment-ci le meilleur outil pour se protéger de Trump. Le temps nous le dira. Mais il y a également tout le reste.

Alors la meilleure situation, pour le Québec du moins, serait que les voteurs du Québec envoient un maximum de députés bloquistes à Ottawa. Ainsi Libéraux ou Conservateurs seront bien gardés en laisse.

Le fait est que le Québec n’a jamais été bien défendu ni par l’un ni par l’autre des deux principaux partis politiques fédéraux.

C’est le ROC qui a la capacité de choisir le prochain PM canadien. Mais le Québec peut se doter d’une forte police d’assurance en choisissant des bloquistes pour veiller au grain à Ottawa.
Le Québec a la capacité de le faire, alors pourquoi s’en priver ? 

  • Pierre Jasmin - Abonné 2 avril 2025 11 h 10 

Excellent article rempli d’informations indubitables (qui nous feront pas voter pour Poilievre!!!) 

Surprenant que tant de commentaires relativisent et même dénigrent la valeur des informations précieuses de Jean-François Lisée, en attaquant le messager entre autres et ses accointances avec …Jacques Parizeau (on croit rêver!).
Je relève le commentaire de Cyril Dionne qui est précisément le sujet de mon prochain article sur le site des Artistes pour la Paix : “Les Canadiens et Québécois sont pris dans une frénésie collective, réagissant comme des poules sans tête face à l’ogre orange du Sud, Donald Trump.” Car l’irrationnel nous pousse entre autres à augmenter les dépenses militaires en achetant du matériel américain qui va accroître la dépendance canadienne à l’économie de Trump. Et notre Premier ministre du Québec est en Allemagne pour vendre du matériel militaire québécois à une Allemagne conservatrice tétanisée par la peur des Russes, alors que l’OTAN est seize fois plus armé. 

  • Brigitte Garneau - Abonnée 2 avril 2025 11 h 22 

À force de se chercher partout… 

Le Canada ne se trouve nulle part.
Vive le Québec libre et indépendant!!